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CEPÉUCentre d’Enseignement de la Philosophie Éternelle et Universelle
Note d’observation

Choisir ses pensées

Pour ceux qui perçoivent déjà plus qu’ils ne le voudraient

Ce texte s’adresse aux Personnes à Perception Accrue — à ceux qui perçoivent déjà plus qu’ils ne le voudraient, et qui viennent chercher non pas moins de perception, mais la main sur ce qu’ils en font. Il porte sur un pouvoir précis : choisir ses pensées comme on choisit ses mots. Il examine pourquoi essayer ne suffit jamais, ce que la tradition et l’observation de terrain disent de ce pouvoir, et ce que sa reprise en main exige, jour après jour, une fois qu’on l’a reconnue.

Par M. Mischa Harmeijer, psychiste · Château de Villereglan · Août 2026

PPA Personne à Perception Accrue : une personne dont le flux perceptif dépasse le débit ordinaire — que cette perception soit encore subie ou déjà maîtrisée.
Vous choisissez vos pensées comme vous choisissez vos mots, chaque jour. C’est un pouvoir, et il est entre vos mains.

Si vous ne pouvez pas choisir vos pensées, vous avez un problème. Vous habitez une maison dont un autre a les clés.

Vous venez ici pour reprendre la main sur votre vie. Vous voulez travailler le mental, le tenir, le maîtriser. Vous vous accrochez à ce contrôle.

Essayer. Voilà le problème. Essayer n’est pas agir. C’est rester au bord, sans jamais entrer. Tant que vous essayez, vous ne faites rien.

Alors bougez. Ne laissez pas faire.

1.La maison et les clés

Qui tient les clés d’une maison qu’on habite pourtant depuis toujours ? Personne d’extérieur, la plupart du temps. Ce sont les habitudes de pensée installées sans qu’on les choisisse, l’ancien système qui répond avant même qu’on ait eu le temps de décider — la peur qui prend la parole à la place du calme, le doute qui répond avant l’examen. Ce système fonctionne, il tient la maison en ordre à sa façon, et c’est précisément ce qui rend sa reprise en main difficile : il n’est pas hostile, il est seulement installé, souvent depuis l’enfance, et il a eu tout le temps d’apprendre à répondre le premier.

La maison et les clés CONFIÉES REPRISES LE MENTAL l’ancien système reprendre les clés LE MENTAL vous
Figure 1 — La maison et les clés.

Reprendre les clés n’est donc pas chasser un intrus. C’est reconnaître qu’on les a soi-même confiées, un jour, pour ne plus avoir à fermer la porte. Diriger son mental commence ici : par le constat, sans dramatisation, que la porte s’est fermée sans qu’on la ferme.

2.Pourquoi essayer ne suffit jamais

Essayer est un acte de volonté dirigé contre soi-même. On tend la volonté contre une habitude installée, et plus on tend, plus l’habitude résiste — c’est une loi ancienne de la suggestion, formulée par Émile Coué au siècle dernier : quand la volonté et l’imagination sont en conflit, c’est toujours l’imagination qui l’emporte. Essayer de ne pas penser à une chose, c’est déjà y penser avec insistance. Essayer de se calmer de force, c’est déjà se dire, en profondeur, que le calme n’est pas acquis.

« Quand la volonté et l’imagination sont en conflit, c’est toujours l’imagination qui l’emporte. » Émile Coué, la loi de l’effort converti, 1926
Essayer, ou agir LE SEUIL ESSAYER la lutte confirme la difficulté AGIR la décision traverse, sans lutte contre soi
Figure 2 — Essayer, ou agir.

C’est pour cela qu’essayer laisse au bord : la lutte elle-même confirme, à chaque tentative, que la chose est difficile. Agir est autre chose : une décision posée calmement, sans lutte contre soi, qui ne cherche pas à vaincre l’ancien système mais à en installer un autre à sa place.

3.Le mental comme matière

La tradition hermétique tient la pensée pour bien plus qu’un commentaire sur le réel : le Tout est Esprit, l’Univers est Mental, dit le premier des sept principes du Kybalion. Sous cette doctrine, choisir une pensée n’est pas un geste cosmétique : c’est agir sur la matière première dont le reste se forme. Ce qui explique pourquoi la question n’est jamais anodine, et pourquoi la reprendre en main change davantage qu’une humeur du jour.

4.Le germe et le choix

Une pensée qui s’installe sans qu’on l’ait choisie a poussé toute seule, comme une graine tombée au hasard sur un sol qu’on n’a pas préparé. Une pensée qu’on choisit est un germe qu’on plante : on décide où, et de quoi elle sera faite. C’est ce que le Centre nomme un germe de pensée dans une autre de ses notes — un mot ou une image posés avec intention, qui deviennent le point de départ d’une perception nouvelle plutôt que le prolongement d’une ancienne. Choisir ses pensées n’est donc pas seulement surveiller ce qui passe ; c’est planter avant que le hasard ne le fasse à votre place.

5.Subie ou maîtrisée

Il n’y a ni don ni malédiction dans cet excès de perception qui caractérise la PPA : il y a un apprentissage. Une PPA qui subit voit son flux déborder et son filtre ne laisser passer que l’alarme ; une PPA qui maîtrise a structuré le traitement de ce même flux. Le passage de l’une à l’autre ne tient à rien de plus que ce pouvoir déjà décrit : la capacité à choisir ce qu’on pense, avant que la pensée n’ait été laissée au hasard d’un flux qu’on ne dirige pas encore.

Subie, ou maîtrisée SUBIE le flux déborde, le filtre ne laisse passer que l’alarme MAÎTRISÉE le même flux, structuré, devient un instrument
Figure 3 — Subie, ou maîtrisée.

Ce qui pèse comme un excès, une fois dirigé, devient un instrument. La perception ne diminue pas : elle cesse simplement d’agir seule.

6.Une discipline quotidienne

Ce choix ne se fait pas une fois pour toutes. Il s’apprivoise, jour après jour, dans le repérage patient de ce qu’on laisse s’installer et de ce qu’on choisit de planter à la place. Personne ne devient maître de son mental par une seule décision, aussi juste soit-elle — on le devient par la répétition d’un même geste, refait chaque fois que l’ancien système reprend la parole le premier. C’est un travail quotidien, discret, et c’est justement pour cela qu’il tient dans le temps là où la seule volonté échoue.

Ce geste porte un nom ancien : le monoidéisme, l’état où une seule idée occupe le champ. Ce n’est pas la concentration, qui serre ; ce n’est pas le vide, qui se dérobe. C’est une idée tenue seule, assez longtemps pour qu’elle cesse d’avoir à être défendue. Voici comment on l’aborde quand on débute.

Exercice — tenir une seule idée

Choisissez un mot à l’avance, en dehors de l’exercice, à un moment calme. Un seul, court, et qui vous convienne : calme, clair, présent. Le mot se choisit à froid, jamais au moment où l’on en a besoin.

Chaque jour à la même heure, asseyez-vous trois minutes. Trois, pas davantage : la durée courte est ce qui rend la répétition possible, et c’est la répétition qui installe, non la longueur.

Posez le mot, intérieurement, lentement. Laissez-le occuper la place. Vous n’avez rien à produire, rien à ressentir, rien à vérifier.

Votre attention partira. Elle part toujours, et ce n’est pas un échec — c’est la matière même de l’exercice. Quand vous vous en apercevez, ne chassez rien, ne recommencez rien : reposez simplement le mot. Le retour est l’exercice. Chasser serait lutter, et vous savez maintenant ce que vaut la lutte.

Arrêtez à trois minutes même si cela se passe bien. Gardez le même mot pendant une semaine entière avant d’en changer : un mot qu’on remplace trop tôt n’a jamais le temps de s’installer.

Au bout de quelques jours, vous remarquerez que le mot revient de lui-même hors de l’exercice, à des moments où vous ne l’aviez pas appelé. C’est le signe que la place est prise.

Reste une difficulté, et elle est réelle : une discipline quotidienne est invisible de l’intérieur. On ne sent pas qu’on progresse, on sent seulement les jours où c’est difficile — et ces jours-là pèsent plus lourd dans le souvenir que les autres. C’est ainsi qu’on abandonne un travail qui, mesuré, se révélait pourtant tenu.

C’est à quoi sert Δ Delta-Score. L’application note chaque jour ce qui a été fait et ce qui a été perçu, et rend visible sur plusieurs semaines ce qu’une seule journée ne montre jamais : la courbe réelle, sous l’impression du moment. Pour une PPA, c’est l’instrument qui sépare le flux de sa lecture. Elle est ouverte à tous, gratuitement.

Note Ce texte relève de l’observation et de la doctrine transmise au Centre. Il ne constitue ni un acte médical, ni une psychothérapie, ni un diagnostic.
Repères

M. Mischa Harmeijer
Je vois l’invisible. Je l’explique rationnellement.
Fondateur du Centre EPÉU

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