Aller au contenu
CEPÉUCentre d’Enseignement de la Philosophie Éternelle et Universelle
Sceau du Centre EPÉU
Article

Le danger de croire que l’on se connaît

Centre EPÉU · Château de Villereglan · Publié le 4 novembre 2026

Vous pensez savoir comment fonctionne votre cerveau. Pourtant, vos idées les plus solides ont été posées quand vous étiez trop jeune pour les vérifier, et ce qui n’a jamais été posé pèse souvent plus encore. Voici par où commencer.

Les interrupteurs et les fils

Vous habitez votre maison depuis des années. Dans le noir, votre main trouve l’interrupteur toute seule. Savez-vous pour autant où passent les fils ? Qui les a posés ? S’ils sont posés correctement ?

Vous ne le savez pas. Tant que la lumière s’allume, vous ne vous le demandez pas.

Avec votre cerveau, c’est la même chose. Vous connaissez vos interrupteurs : « je me connais », « je réagis toujours ainsi », « c’est mon caractère ». Vous avez peut-être regardé des vidéos, lu des articles, et vous savez maintenant expliquer votre cerveau. Mais tout cela parle des interrupteurs. Cela ne dit rien des fils.

Le danger est là. Celui qui sait qu’il ne sait pas va regarder. Celui qui croit savoir ne vérifie plus.

Qui a posé les fils ?

Vos parents, vos éducateurs, votre école (fig. 1).

Vous connaissez l'interrupteur ; derrière le mur, vos parents, vos éducateurs et votre école tiennent les fils
Fig. 1

Ils vous ont donné leurs idées sur le travail, l’argent, les autres, la réussite, sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. Un ensemble d’idées reçues toutes faites et prises pour la vérité, cela s’appelle une idéologie. Chaque famille a la sienne, et chaque école aussi.

Vous étiez alors un enfant, et un enfant ne peut pas vérifier. Il n’a encore rien pour comparer. Il a même une bonne raison de tout croire. L’adulte qui lui dit « le feu brûle » a raison : l’enfant le constate. Le même adulte lui dit « ne te fais pas remarquer ». C’est la même voix, et l’enfant lui fait la même confiance. Il range les deux phrases au même endroit.

Vos parents ne vous ont pas trompé. Ils vous ont donné ce qu’ils avaient reçu, et ils ne l’avaient pas vérifié non plus. Il n’y a là ni mal ni bien. Il y a des causes et des effets.

Puis l’enfant grandit, et il oublie qui a parlé. La phrase de l’adulte devient sa propre pensée. Un jour, il dit : « je suis comme ça ».

Faisons une expérience

Prenez une feuille. Écrivez une phrase que vous tenez pour vraie et que vous répétez souvent. Par exemple : « il faut souffrir pour réussir », « je ne suis pas doué pour cela », « on ne peut compter que sur soi ».

À côté, écrivez qui vous l’a dite la première fois, et quel âge vous aviez. Souvent, vous entendrez encore la voix.

Posez ensuite à cette phrase les trois questions que personne ne vous a appris à poser (fig. 2). Posez-les quand vous êtes calme : dans la colère ou la peur, c’est la phrase elle-même qui répond à votre place.

À table, une feuille : une phrase que l'on répète, puis les questions qu'on lui pose
Fig. 2

Est-ce correct ?

Regardez les faits, les vôtres, pas ceux de vos parents. « Je ne suis pas doué pour les chiffres » : vous l’avez peut-être entendu à dix ans, après une seule mauvaise note. Qu’avez-vous essayé depuis ?

Est-ce en harmonie avec vous ?

Une phrase peut être correcte et ne pas être la vôtre. « Un bon métier est un métier sûr » : c’est vrai pour beaucoup de personnes. Vous pouvez suivre cette phrase toute votre vie, réussir tout ce que l’on attendait de vous, et vous sentir étranger à votre propre vie. Regardez dans quel état elle vous met quand vous la suivez. Êtes-vous calme, ou en lutte avec vous-même ?

Est-ce constructif ?

Cette phrase développe-t-elle vos pensées, votre motivation, votre courage ? Ou les éteint-elle ? « Ne prends pas de risque » protège un enfant au bord d’une route. À quarante ans, la même phrase peut vous garder dans une vie que vous ne voulez plus. La phrase n’a pas changé. Vous, vous avez changé.

Vous en garderez beaucoup

Beaucoup de ces idées sont bonnes, et il serait absurde de les jeter parce qu’elles viennent de vos parents. Celui qui fait toujours le contraire de ce qu’ils disaient obéit encore à leurs phrases. Vous garderez celles qui passent les trois questions. La seule différence est que, cette fois, vous les aurez choisies.

Le fil qui n’a jamais été posé

Jusqu’ici, nous avons parlé de ce que disent les parents présents. Un parent absent pose souvent un problème encore plus grand. Il peut être parti, être mort, ou être là sans être là. Ce n’est pas un jugement.

Reprenons la maison. Un fil mal posé se retrouve : il est là, on peut le suivre. Un fil qui n’a jamais été posé ne se voit nulle part. Il reste une pièce où la lumière ne s’allume pas, et vous ne savez même pas qu’elle devrait s’allumer (fig. 3).

La même personne appuie sur l'interrupteur ; le fil n'a jamais été posé, le parent est absent, la pièce reste dans le noir
Fig. 3

Un parent absent laisse cela dans le cerveau : des émotions qui manquent, des traits de caractère qui manquent, et de grands problèmes intérieurs. Il n’a rien dit, et il n’y a donc aucune phrase à écrire sur votre feuille.

Cela ne se passe pas de la même façon pour un garçon et pour une fille. Ils sont uniques dans leur genre, et ils ne sont pas pareils. L’effet de l’absence, ce traumatisme, se manifeste donc différemment.

C’est encore plus grave pour un enfant à la perception accrue. Il reçoit plus que les autres, et il lui manque justement la personne qui pourrait lui expliquer ce qu’il reçoit. S’il en parle, on lui répond souvent : « tu imagines ». C’est la même voix que pour le feu, et il finit par la croire.

Une cause et ses effets

Ce déséquilibre est une cause, et ses effets commencent dès le très jeune âge. Ils traversent l’âge difficile de l’adolescence. Puis, sans que vous le sachiez, ils peuvent détruire toute une partie de votre vie : un mauvais couple, des enfants qui en reçoivent l’effet à leur tour, et le jour où vous ne comprenez plus comment vous en sortir.

Soyez prudent

Soyez donc plus prudent. La feuille montre ce qui a été dit. Elle ne montre pas ce qui a manqué. Cherchez un expert, pour mieux analyser l’erreur, c’est-à-dire la cause de vos blocages.

Au Centre EPÉU, M. Mischa Harmeijer peut faire cette analyse avec vous, lors d’un entretien. Nous avons aussi des techniques pour rééduquer et pour détraumatiser : le Traitement Mental et la suggestion dans l’état hypnotique.

Si vous percevez plus que les autres, il y a aussi l’Initiation au Psychisme, une journée. M. Mischa Harmeijer vous y explique comment apprendre à diriger ce que vous percevez.

M. Mischa Harmeijer, Centre EPÉU

L’entretien ne constitue ni un acte médical, ni une psychothérapie. En cas de suivi psychiatrique ou psychothérapeutique en cours, l’accord écrit du praticien qui vous suit est requis avant toute admission à une démarche du Centre.

Recevoir les prochains textes

Chaque nouveau texte du Centre — et les dates qui s’y rattachent — vous parvient par email. Une confirmation vous est demandée avant toute inscription ; retrait en un clic, dans chaque envoi.

Centre EPÉU — Château de Villereglan, Saint-Martin-de-Villereglan (Aude) · le chat du site

← Recherche et observations — tous les textes